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Echange avec OUJDA

Par HELENE LO IACONO, publié le jeudi 7 mars 2019 11:23 - Mis à jour le jeudi 7 mars 2019 11:23
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Les stendhaliens à Oujda

Séjour à OUJDA en images

 

 

Spectacle : "Yallah : va et viens !"

Jouer avec les clichés et les préjugés pour les déjouer

 

Le samedi 16 février à 10h les 27 élèves des ateliers théâtre du Groupe Scolaire Essalam et de la Cité Scolaire Stendhal ont présenté au centre culturel d’Oujda une forme brève jouant sur les clichés et préjugés que cet échange entre Grenoble et Oujda dépasse largement.

 

C’est une petite fille que l’on retrouve au bord de scène et qui s’ennuie alors que ces parents sont trop fatigués ou occupés pour jouer. Elle imagine, sorties de sa malle à jouets, quelques images entre Grenoble et Oujda s’imposant au rythme de la musique d’Ibrahim Maalouf :

Un foulard, un parapluie, une casquette ou un seau rappellent une ville ou l’autre. On se cache derrière, on s’abrite dessous, on danse avec ou on en joue comme de percussions. Objets clichés détournés par la magie du théâtre.

Le spectateur est bientôt confronté à deux courts solos d’acteur issus d’improvisations d’élèves, amplifiés par un chœur d’oujdis et grenoblois unis. Confronté, parce que sous ses yeux, deux personnages plein de préjugés, accumulant les clichés et les absurdités racistes viennent en scène pour fort heureusement se ridiculiser et être tournés en dérision tant leurs propos ne tiennent pas debout.

Oujdis et grenoblois forment un court moment deux chœurs séparés joutant de leur corps et de leur voix mais surtout en essayant d’imposer « L’hymne nationale » marocain ou « Le corbeau et le Renard » de La Fontaine, deux textes phares des cultures marocaine et française. Mais bientôt la joute devient elle aussi dérisoire : les oujdis et les grenoblois se retrouvent dans un même chœur d’où jaillit le coréen, l’anglais, le japonais, le tunisien… langues et cultures présentes parmi les élèves des ateliers. Bientôt les élèves des deux groupes se retrouvent sur des mots présents dans les deux langues : kawa, toubib, chouia, caïd… Ces mêmes mots dont nous avions discuté les origines en atelier le lundi précédent…

Au final, les jeunes se retrouvent dans une danse marocaine traditionnelle « El Alaoui » qui vient clore la rêverie de la jeune fille laissée à l’ennui par ses parents qui bientôt l’appellent pour le repas.

 

Yallah : va et viens ! est donc une création issue du projet d’échange entre deux écoles qui a vocation à dénoncer les clichés et préjugés. Donnant à expérimenter ce que le communautarisme peut engendrer d’exclusif, cette forme, dans sa préparation comme dans sa présentation, vise à en développer le potentiel inclusif en développant l’écoute et le travail de chœur.

Ce travail de création se prolongera du 1er au 5 avril à Grenoble sous la direction de Karim Troussi (comédien, metteur en scène et pédagogue), Hanane Belkasmi et Sandrine Bourrain (professeures de français et de théâtre). Il aboutira à une présentation au Nouveau Théâtre de Sainte Marie d’En Bas le vendred 5 avril à 14h30.

 

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