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Le blog Atelier cinéma

Par CELINE LASSERRE, publié le vendredi 9 mars 2018 10:50 - Mis à jour le jeudi 5 juillet 2018 11:57
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Le projet "Des lieux, des histoires" a été extraordinaire cette année !

exercice 3

Publié par Collège Stendhal le 23/04/2018

Le règle du jeu pour notre exercice 3 était de filmer un même lieu dans 2 temporalités différentes.

La principale difficulté a été tout d’abord de se mettre d’accord sur un lieu qui pourrait convenir à tous, un lieu pour lequel tout le monde pourrait y trouver un enjeu affectif. Le groupe voulait que chacun ressente quelque chose par rapport au lieu; qu’il soit partagé.

Ainsi, quand Inès a raconté son souvenir d’enfance avec le manège de la place Grenette, ce récit a parlé à tous, et nous sommes tombés d’accord sur le choix de ce lieu.

Il est vrai que les manèges sont des lieux récurrents de nos souvenirs d’enfance. Mais ce manège n’est pas un manège comme les autres, car c’est un carroussel que chaque enfant à Grenoble fréquente quand il est petit. Et puis, Inès a très vite fait remarquer le seul cheval noir du manège pour lequel elle avait une affection particulière quand elle était enfant. Il se trouve que ce cheval, appelé « Café » est souvent le « préféré » du manège.

Nous avions donc le récit, le lieu. Il fallait ensuite partir en repérages. Lorsque nous sommes arrivés avec la caméra, le manège était en construction. De suite, notre intervenante audiovisuelle nous a demandé de filmer chacun un plan. C’était à nous de choisir le cadre, ce que nous voulions filmer du lieu.

Cette journée de repérages a fini par faire varier ce que nous avions commencé à écrire. Voir le manège se construire était un peu « magique ». Nous sentions que cette matière pourrait nous servir, mais nous ne savions pas encore bien comment. Puis la gérante du manège Cathy, nous a raconté l’histoire de « Café » car nous lui avions demandé.  Nous avons découvert alors un autre récit autour de ce manège, car nous avons appris que ce cheval noir ( le seul, car tous les autres sont blancs) existe grâce à sa fille (qui rencontrait des difficultés), et qui avait demandé à son grand-père de le peindre en noir.

Ce qui était intéressant dans cette expérience, c’est que le réel a dépassé la fiction que l’on avait pensé, et nous a orienté vers une forme plus « documentaire ». Le récit de Cathy pouvait tout à coup venir s’imbriquer à celui d’Inès dans 2 temporalité différentes: le manège en construction et le manège animé et plein de vie.

Ainsi l’expérience de l’exercice 2 a été très différente de celle de l’exercice 3. Le travail de découpage et de storyboard a été très précis pour l’exercice 2, tandis que pour l’exercice 3, nous avons laissé davantage surgir le réel. Celui-ci a ensuite nourri notre écriture.

Lors d’un 2ème jour de repérages, nous sommes allés sur place lorsque le manège était animé et plein d’enfants. Nous avons alors pensé à certains plans, que nous avons photographiés, et qui nous permettraient de ne pas faire découvrir le lieu dans sa globalité mais petit à petit. Nous trouvions plus intéressant de le faire découvrir par « petites touches » ( reflet du manège dans les flaques d’eau, dans la vitre de la caisse….). Les plans d’ensemble nous plaisaient moins. Cela permettait aussi d’être moins descriptif et de s’attacher davantage à ce lieu particulier pour Cathy et Inès à travers leurs récits imbriqués. La petite ritournelle du manège viendrait créer le lien entre ces 2 temporalités.