Historique

Un établissement chargé d’histoire

Par admin stendhal, publié le jeudi 17 avril 2014 10:04 - Mis à jour le lundi 4 décembre 2017 13:41
Façade Stendhal.jpg
Bâti au XVIIème siècle et rénové au XX ème siècle.

La cité scolaire Stendhal (collège et lycée) est un établissement d'enseignement public du second degré, situé place Jean Achard à Grenoble. 

Une situation très favorable, au coeur de Grenoble, avec un accès aisé aux transports, à la culture et aux équipements sportifs
Un Centre de Ressources (espace de documentation) de 500 m² au coeur de la cité scolaire
Un espace numérique de travail à destination des parents et des élèves : cahier de texte, agenda, notes, absences, classeurs pédagogiques
Des vidéoprojecteurs dans chaque salle de classe et des tableaux numériques interactifs
Des salles spécialisées en sciences, technologie, musique, arts plastiques, danse et théâtre.
Un restaurant scolaire avec service différencié collégiens/lycéens ainsi qu’une possibilité d’internat pour les lycéens.

Histoire de la cité scolaire depuis le XVIIe siècle

Tiré d’un article rédigé par Mlle CHABERT et M. VACHON, professeurs honoraires de lettres du Lycée Stendhal

  • Les jésuites accueillis par l’évêque Scarron le frère de l’auteur de «l’Eneïde travestie» obtenaient de Louis XIII, à son passage à Grenoble en novembre 1622, l’autorisation de bâtir dans la ville une maison et une église «pour y faire toutes les fonctions, et exercices attribués à leur ordre» (Brevet du 3 décembre 1622) ; figurait en bonne place parmi ces «fonctions et exercices» l’éducation de la jeunesse. Dès 1634, ils achetaient des jardins au quartier de Bonne et projetaient d’y construire un collège. Malgré l’opposition du Parlement et des Dominicains qui voyaient clairement qu’il n’y avait pas place, dans cette ville de vingt mille habitants environ et peuplée en partie de protestants, pour deux établissements secondaires, et grâce à l’appui d’Anne d’Autriche, les jésuites eurent gain de cause après une lutte acharnée, et obtinrent même la suppression des classes du collège des Dominicains et le transfert à leur profit de diverses subventions.
  • En 1651, pour la Saint Martin (11 novembre), les Jésuites ouvraient leur collège dans les locaux provisoires, rue Neuve de Bonne. En 1660 commença la construction définitive: les fondations de l’église étaient bénites, le 31 décembre 1664, sous la direction du Père Bertram Bras. Exécutés par des entrepreneurs grenoblois les travaux s’achevaient en 1666. La façade, due au Père Louis Hoste, ne fut terminée qu’en 1707. Elle est imposante dans sa structure baroque, avec ses niches prévues pour les statues des quatre évangélistes, de Saint Ignace de Loyola et de Saint François-Xavier à qui elle était dédiée. Ces statues, exécutées par le sculpteur Guillaume Bernard père du poète Gentil Bernard n’ont pas résisté aux années. L’édifice formé de croix latine surmonté d’un dôme et flanqué de six chapelles a paru au XVIIIe siècle digne d’inspirer la reconstruction de la cathédrale de Moutiers en Tarentaise; mais il est aujourd’hui complètement défiguré par les cloisons et des plafonds : seules subsistent les balustrades de deux petites tribunes ornées de mascarons et quelques chapiteaux de pilastres visibles des greniers, une frise sculptée à mi-hauteur, elle est la réplique simplifiée du modèle jésuite romain de l’église Son Gesu, est cachée sous un faux plancher et la tribune a disparu derrière une cloison.
  • Les autres bâtiments ont mieux gardé leur aspect primitif, c’est le plan classique des collèges de Jésuites. Autour d’une cour carrée s’ordonnèrent, au fur et à mesure de la reconstruction des locaux provisoires, un corps de logis au sud (1660), un autre au nord (1669-1673) ; pour les relier, à l’est, le long de l’église, un rez-de-chaussée bientôt surmonté d’une galerie à hauteur du premier étage ; à l’ouest, un bâtiment que devait prolonger au XVIIIe siècle la « maison de l’arc », ainsi dénommée à cause d’un passage voûté allant de la rue Neuve à la rue longeant le rempart (à peu près la rue Condillac): ce passage, le « Passage du Lycée », existe toujours dans son état primitif. Cette aile était destinée à loger des internes, à partir de 1727 ; la galerie était enfin rehaussée, sur une hauteur de deux étages, d’une autre galerie à balustres de mollasse, bientôt murée et transformée en chapelle privée communiquant avec l’église d’une part, et d’autre part avec les appartements réservées aux professeurs dans l’aile sud. Ainsi les quatre côtés de la cour sont de même hauteur, et, bien que leur construction ait duré plus d’un siècle, lis forment un ensemble homogène. On voit encore, au rez- de-chaussée, les classes avec leurs inscriptions latines QVINTA, QVARTA, TERTIA, HVMANITAS, RHETORICA, LOGICA, PHYSICA, (la sixième n’existe pas dans le «Ratio studiorum» des Jésuites sinon comme classe de tirage, d’orientation, dirait-on aujourd’hui). La plupart de ces salles n’ont pas changé de destination.
  • Dés 1667, il y avait «communément cinq cents escholiers qui estudiaient» et vingt-deux pères en résidence à Grenoble. Le Père de la Chaise futur confesseur et conseiller de Louis XIV, fut recteur quelques mois, en 1668. En quittant la ville, il écrivait: «Il serait plus utile pour vous au dehors que dedans cette ville qui ne me paraît point bonne». En effet, il était tombé en pleine épidémie de peste. En 1699, il obtint effectivement pour le collège, qui prit le nom de Royal Dauphin, la protection officielle du roi et quelques substantiels revenus, «bourses» d’élèves payées par la ville, et subventions royales, fermages ou locations d’immeubles reçus en donation. Il ne faut pas oublier que l’enseignement était gratuit et ouvert à tous.
  • Pendant une centaine d’années, la maison fut florissante mais en mars 1763 à l’exemple du Parlement de Paris, le Parlement de Grenoble, présidé par le célèbre Bérulle faisait fermer le collège des Jésuites. Pour les remplacer, les consuls de Grenoble recrutèrent des ecclésiastiques séculiers puis des prêtres de la congrégation de Saint-Joseph de Lyon. Mais l’enseignement était médiocre et démodé ; les élèves de moins en moins nombreux. Le collège en avait eu jusqu’à 700, il n’en restait plus que soixante en 1790. Pour boucler leur budget, les dirigeants durent vendre la bibliothèque et le mobilier d’église et laisser les bâtiments se délabrer.
  • La journée des tuiles


Grenoble, journée des tuiles, 7 juin 1788

  • Le 7 juin 1788, cette première manifestation de la révolution française s’est déroulée devant le lycée (passage du lycée et rue Raoul Blanchard) et a été peinte par Alexandre DEBELLE en 1889. Cette peinture permet de voir l’aspect de la façade du lycée à cette époque
  • A la chute de la Royauté, tous les collèges royaux et donc l’instruction secondaire disparurent; mais en février et octobre 1795, deux lois de la Convention créèrent les écoles centrales (c’est-à-dire : départementales) destinées à donner en trois niveaux un enseignement correspondant à la fois à notre « second cycle et aux classes préparatoires aux Grandes Écoles ». Ce fut la « table rose républicaine », une réforme en profondeur comme on n’en vit plus jamais. Les belles-lettres cédaient la place d’honneur aux sciences (maths, physique, chimie) et aux arts d’observation (dessin et peinture). Les langues vivantes étaient introduites, la littérature ouverte aux oeuvres étrangères. Les cours étaient gratuits, la pédagogie libre fondée sur l’émulation et les récompenses (prix solennels, exposition publique d’oeuvres d’élèves), l’assistance aux cours libre, le choix des professeurs laissé à un jury départemental de savants qui contrôlaient deux fois l’an les résultats.
  • Dans ces mêmes murs, l’Ecole Centrale de Grenoble ou plutôt de l’Isère, ouvrit le 11 frimaire an V (21 novembre 1796) : c’était le premier contact avec l’enseignement public d’un enfant de treize ans promis à l’immortalité : Henri Beyle, le futur Stendhal, qui devait garder des trois années passées à l’ Ecole centrale les souvenirs les plus vifs. Il les a rappelés dans la « Vie de Henri Brulard » dont la lecture nous révèle les inoubliables leçons d’énergie que le jeune homme a puisées auprès de certains professeurs (qu’il jugeait mal par ailleurs), l’enthousiasme qu’il éprouva pour les mathématiques, nouvelle méthode d’accès à la vérité, le sens de l’analyse politique qu’il se forgea et enfin les bases qu’il y reçut d’une culture artistique et littéraire ouverte largement sur l’Europe. Qu’on s’imagine les citoyens admis aux cours dès qu’il restait de la place, les fêtes révolutionnaires du décadi célébrées dans la cour d’honneur de l’ Ecole sous la direction des professeurs les plus ardemment républicains, comme le créateur du Musée de Grenoble, L. J. Jay, ou le fondateur du journal Le Clairvoyant, PV Chalvet (seule manquait encore la mixité instaurée 150 ans plus tard)

  • En 1803, le Lycée de garçons succédait à l’ Ecole centrale. Il devait rester rue Neuve jusqu’en 1886, émigrer alors Cours La Fontaine et recevoir enfin le nom d’un autre glorieux Dauphinois, « Champollion », qui avait lui aussi hanté la vieille maison..
  • Libérés par le départ des garçons, les locaux furent occupés par leurs soeurs en 1887. Leur collège créé dès la promulgation de la loi sur l’enseignement secondaire des jeunes filles, élevé au rang de lycée cette même année avait fonctionné jusque là dans des locaux de fortune. Pendant une trentaine d’années, dans une aille du bâtiment située à l’est de l’ancienne église, des étudiants suivirent les cours de chimie industrielle qui sont à l’origine des écoles supérieures d’ingénieurs de Grenoble; mais peu à peu, les jeunes filles occupèrent tous les locaux, on dut même transférer l’internat aux Eaux-claires, tirer parti du moindre recoin, non sans dommage parfois pour les vieilles pierres et construire en 1960 « un bloc scientifique » de quatre étages. Et elles furent près de trois mille dans cette maison qui pour avoir reçu en 1955 le nom du plus illustre de ses élèves n’en reste pas moins depuis trois siècles « le Collège des Jésuites dans la rue Neuve de Bonne » La rue Neuve de Bonne a perdu son nom au profit de la rue du Lycée qui a trouvé un parrain depuis peu d’années, Raoul Blanchard. Né à Orléans, le 4 septembre 1877, Raoul Blanchard… devient dès 1906 professeur à la Faculté des lettres de Grenoble où se déroulera toute sa carrière universitaire… Une si longue permanence dans la même chaire de la même université ne se produit pas sans qu’intervienne un facteur de fidélité et de prédilection. Dans le cas de Grenoble, c’est la proximité des Alpes qui deviennent bientôt l’objet central de l’activité scientifique de Raoul Blanchard, fondateur d’une part de l’Institut de Géographie Alpine, d’autre part en 1912 de la « Revue de Géographie alpine qui est devenue la plus considérable des revues françaises de géographie… ».
  • Quand le Lycée de Jeunes Filles accéda, comme les autres établissements à la mixité, le paysage démographique et sociologique du Grenoble d’après guerre s’était déjà largement recomposé. Depuis les Jeux Olympiques de 1968 en particulier, l’agglomération affirmait sa dimension internationale. Devenue un haut lieu de la recherche et une remarquable pôle culturel scientifique, technique, industriel, commercial, elle accueillait des étrangers en résidence, en nombre sans cesse croissant. Il fallut mettre en place une structure adaptée à ces nouveaux besoins.
  • Fort de son héritage historique prestigieux, le lycée s’est enrichi en 1987 d’un dispositif international unique dans l’académie de Grenoble, rare en France et quasiment seul à être gratuit. Avec des professeurs originaires de 7 pays différents, des élèves de plus de 40 nationalités, parlant plus de 30 langues maternelles, préparant et réussissant des examens français, mais essentiellement internationaux et étrangers, le LIS a assumé sa vocation internationale. En septembre 1987, quatre sections internationales ouvrent : allemande, anglaise, espagnole et italienne. Le LIS était donc à la fois un lycée de secteur et un lycée qui accueillait des élèves en provenance du département de l’Isère qu’ils soient étrangers, franco-étrangers ou français. Le LIS était un lieu d’accueil personnalisé pour les enfants des franco-étrangers travaillant à Grenoble en particulier dans les grands instituts de recherche comme l’ILL (Institut Loue-Langevin) et de l’ESRF (European Synchrotron Radiation Facility). Par la même occasion le LIS fut un centre de préparation pour les jeunes français décidés à relever d’urgence les défis de l’Europe et de la mondialisation des échanges.
  • Au début des années 2000, le collège et lycée international ont déménagé vers de nouveau locaux, plus adaptés aux enjeux européens et internationaux  de ces sections, situés derrière la gare SNCF, à Europole. C’est alors que la cité scolaire Stendhal a été entièrement restructurée, avec des travaux très lourds qui ont duré de 2001 à 2006 et qui lui ont donné son statut actuel de cité scolaire, qui accueille des élèves de la 6ème à la terminale, avec des sections littéraires option théâtre et danse.
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